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Un ibère en exil
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Olé !

Hop en voici un billet qui va me valoir les foudres des biens pensants, des amis des bêtes comme de ceux qui aiment les bêtes (non ne cherchez pas l’erreur, cherchez le sens)

Oui les corridas ont bercé mon enfance. Ma grand-mère les regardait à la télévision et moi je les regardais avec elle. Et nous aimions frissonner à la vue de ces beaux jeunes (et parfois moins jeunes) hommes qui, dans leur habits de lumières, à chacune des passes se jouaient de la mort comme Tapie se joue de la justice, avec ce mélange de condescendance et mépris qui fait que soit on adore soit on déteste.

A l’époque, la corrida n’était qu’un jeu. Un jeu entre un gars plus courageux que les autres et une bête, la plus féroce que l’on connaisse dans nos contrées. Avec le temps, la corrida a prit du sens. Elle n’est plus ce simple jeu, elle est l’image de la vie.

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Olé !

Face à face, un misérable dont la vie ne vaut que par le jeu et un aristocrate parmi les siens dont la mort rend un hommage vibrant à la lutte du vanupied pour se sortir de sa classe.

Des esprits chagrins en ces temps de bien « pensance » obligatoire voudraient que l’on prennent fait et cause pour ces malheureuses bêtes qui, sans rien demander à personne , il faut tout de même bien l’avouer, souffriront le martyre avant d’être sacrifiées sur l’autel du plaisirs des barbares que nous sommes.

Et bien figurez-vous que moi j’aime la corrida, j’aime les toréadors et je me fiche comme de mon premier steak d’autruche de ces taureaux que l’on envoie dans la « plaza de toros ».

Olé !

Si ces amoureux de la paix et des bestiaux avaient choisies la défense des toréadors, alors, peut-être, je dis bien peut-être, je me serai joint à leur cause et encore je n’en suis pas certain. Mais non, ils ont choisit les bêtes à cornes. Pour quelles raisons étranges des êtres humains peuvent-ils d’abord se soucier des animaux que de leurs semblables ? J’avoue ne pas réussir à comprendre un tel choix et en fait ne pas vouloir comprendre cette aberration grotesque.

Peut-être croient-ils que la jeune femme – et oui il en a maintenant - ou le jeune homme qui a choisit de faire carrière dans le capital risque au risque de la peine capitale le fait par facilité, par goût immodéré du risque.

Peut-être sont-ils persuadés, ces aficionados de la bien séance, qu’une mise à mort se doit d’être cachée.

Moi j’aime la corrida. Je n’aurai jamais le courage de m’affronter à de tels monstres, je n’aurai jamais le courage de mettre à mort une bestiole. Mais j’aime la corrida, j’aime voir ces images, j’aime cette dualité qui s’en échappe et j’aime manger les couilles de toros dans les bars qui embrassent las ventas au plus chaud de la saison.

Et quitte à être abattu, je préfère encore l’être sous les larmes et la sueur plutôt qu’électrocuté dans les couloirs froids et puants des abattoirs qui mènent aux tables des gargotes où je serais bouffé sans la moindre pensée pour le combat que j’aurai mené pour sauver ma peau.

Alors aux hypocrites, qui, la fourchette à la main, se plaignent des mises à mort dans les arènes j’envoie un « Olé ! » orgueilleux et fier !

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